AUTISME ET GUERISON
Je suis maman de deux enfants diagnostiqués autistes.
Pour ma fille, les médecins ont même ajouté les mots « autisme sévère » avec « déficience intellectuelle ». Ces mots ont résonné en moi comme un coup de tonnerre.
Les explications des médecins étaient claires : l’autisme n’est pas une maladie, c’est un handicap. Un trouble neurodéveloppemental. On naît autiste et on meurt autiste.
Je savais que c’était un handicap mais au fond de moi, je crois que j’aurais préféré entendre que c’était une maladie. Peut-être parce que je n’étais pas encore prête à accepter cette réalité.
Alors, sans m’en rendre compte, j’ai continué à espérer une guérison comme on guérit d’une maladie.
Je suis née dans une famille chrétienne.
J’ai grandi avec cette vérité :
« …C’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris » (Ésaïe 53:5).
Dans la Bible, Jésus guérit : les malades, les aveugles, les muets, la femme à la perte de sang…
Alors forcément, j’ai grandi avec la conviction d’un Dieu qui guérit.
Jésus redonne même la vue aux aveugles, fait parler des muets… Des situations qui relèvent aussi du handicap ? Alors pour moi, Dieu pouvait guérir tout handicap sans distinction.
J’ai prié. J’ai demandé. J’ai supplié.
Et puis la vie m’a confrontée à autre chose.
Le diagnostic de mon deuxième enfant est tombé alors que j’étais encore dans l’attente d’une guérison pour sa sœur.
Je l’ai appelé Raphaël : « L’Éternel guérit ».
À ce moment-là, une question m’a traversé l’esprit :
Le Dieu à qui je demandais de guérir mon premier enfant était le même qui permettait que mon deuxième enfant soit lui aussi déclaré en situation de handicap.
La foudre peut-elle frapper deux fois au même endroit ?
Apparemment, oui.
J’ai failli perdre ma foi.
Pourtant, sans m’en rendre compte, j’avais réduit Dieu à une seule chose : celui qui guérit.
Or, Dieu n’est pas que Jéhovah Rapha.
Dans ce moment où je me perdais, Il s’est révélé autrement.
Il a été Jéhovah Rohi, le bon berger, celui qui guide.
Il a été Jéhovah Jireh, celui qui pourvoit, dans les prises en charge, dans les ressources, dans le quotidien.
Il a été Jéhovah Tsidkenu, notre justice, pour défendre les droits de mes enfants.
Il a été Jéhovah Shalom, cette paix que je n’avais jamais connue auparavant une paix au cœur de la tempête.
J’ai dû réapprendre Dieu.
Découvrir toutes ses facettes.
Et c’est là que j’ai compris quelque chose.
Oui, Dieu guérit.
Mais la guérison ne prend pas toujours la forme que nous attendons.
Non, mes enfants n’ont pas été guéris de l’autisme.
Parce que l’autisme n’est pas une maladie.
Mais j’ai expérimenté une autre forme de guérison.
Une guérison intérieure.
Celle qui apporte la paix.
Celle qui amène à l’acceptation.
Celle qui fait grandir l’amour.
Aujourd’hui, je vois mes enfants évoluer, à leur rythme.
Je les vois atteindre des objectifs qui, hier encore, me semblaient impossibles.
Et ça aussi… c’est une forme de miracle.
Et bien plus encore.
Aujourd’hui, je prends la parole autour de l’autisme, notamment sur les réseaux sociaux, afin de sensibiliser. Comme un écho à ce verset : « De celui qui mange est sorti ce qui se mange, et du fort est sorti le doux » (Juges 14:4).
De ce qui devait me briser, Dieu a fait naître quelque chose qui nourrit, qui éclaire et qui donne du sens.
En cette Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, j’aimerais rappeler ceci :
L’autisme est un handicap.
Oui, les miracles existent.
Oui, Dieu peut guérir.
Mais s’Il choisit un autre chemin… sommes-nous prêts à le voir et à l’accepter ?
Rédigé par : Lydia MAKAMU,2026 . Publié sur : https://leberetrouge.fr/
