La vérité…mais laquelle?
La vérité… mais laquelle ?
Selon le dictionnaire, elle est définie entre autres comme ce à quoi l’esprit peut et doit donner son assentiment, ce qui est conforme à la réalité, au réel.
Mais le réel ne se résume pas uniquement à ce que l’on voit, à ce que l’on touche, à ce que l’on entend.
Il peut aussi inclure des réalités que nos sens ne perçoivent pas, mais qui n’en sont pas moins vraies.
Notre manière de reconnaître une vérité ne sort pas de nulle part.
Elle se construit.
Elle se nourrit de nos expériences personnelles, de ce que l’on nous a transmis, de notre éducation, de notre environnement, de la société dans laquelle nous évoluons.
Finalement, chacun pense, à un moment donné, connaître la vérité… voire la détenir.
Mais cette perception reste liée à un regard, à une position, à une histoire.
Cela me rappelle cette image simple : deux personnes face à un chiffre. L’une voit un 6, l’autre voit un 9. Aucune des deux n’a totalement tort, mais aucune ne détient à elle seule toute la réalité. Comme ce verre que certains verront à moitié plein, et d’autres à moitié vide.
Avant d’intégrer l’association « L’institut les Bérets Rouges », quelque chose m’a profondément marquée. Au-delà du média que représente son pôle L’interface, j’ai été touchée par cette volonté de confronter les idées sainement, sans écraser l’autre.
Ce courage de proposer des débats, d’aborder des sujets qui poussent à se remettre en question… et parfois, celui de rester ferme dans ses convictions. Ce qui m’a le plus marquée reste cette humilité : accepter que l’on ne détienne pas toute la vérité.
En tant que chrétienne, il va de soi que notre vérité se base sur la Parole de Dieu,
Psaumes 119 :105 : “Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier ”.
Et pourtant, même au sein du même corps de Christ, les compréhensions peuvent diverger.
Au-delà des nombreuses religions existantes, la chrétienté elle-même est traversée par des courants de pensée différents, des manières distinctes de comprendre la Bible et de la vivre.
Dans un monde en constante évolution, marqué par des changements profonds dans nos sociétés et nos manières de penser, certaines certitudes d’hier peuvent être remises en question aujourd’hui.
Chacun doit être libre de se forger une opinion.
Une opinion c’est avant tout une vérité que l’on considère comme valable pour soi, personnelle, différente de l’opinion publique qui, elle, représente un grand nombre de personnes.
Mais une opinion, qu’elle soit individuelle ou partagée, reste partielle, relative et évolutive.
Ce n’est pas parce qu’elle est partagée par plusieurs qu’elle devient nécessairement vraie.
Alors, où se situe la vérité ?
Peut-être dans cet équilibre entre conviction et humilité.
Avoir des convictions, sans prétendre tout savoir. S’exprimer, sans écraser. Écouter, sans renoncer à ce que l’on croit.
Parce que confronter des idées ne devrait pas nous diviser, mais nous faire grandir.
Et si, finalement, le véritable enjeu n’était pas de détenir la vérité mais simplement d’accepter le fait que chacun soit libre de penser… et de construire la sienne.
Je crois profondément que Dieu nous a créés différents, avec des mécanismes de pensées uniques, des sensibilités propres à chacun.
Dans le respect, l’écoute et la reconnaissance de nos différences, il nous est possible d’évoluer et d’apprendre. Ces différences ne sont pas une erreur, elles sont une richesse. Une richesse voulue. Parce que nous ne sommes pas identiques.
Et peut-être que cela aussi… fait partie de la vérité.
Rédigé par Lydia MAKAMU, 2026
Publié sur : https://leberetrouge.fr/
